
AUX DEBUTS DU CINEMA
Aux premiers temps du cinéma, autour de 1910-1920:
« Il y avait des équipes extrêmement réduites, chaque opérateur avait son appareil, travaillait de façon indépendante, il chargeait et il tournait etc. Quatre ou cinq opérateurs se réunissaient quand il y avait de grandes scènes, un chef opérateur éclairait et chacun des opérateurs tournaient les scènes que lui indiquait le metteur en scène. »
(extrait d’entretien avec Philippe Agostini )
Le métier de cadreur de fiction a commencé par s’appeler « opérateur en second » ou « opérateur adjoint ». En effet, il s’agissait tout d’abord d’un second chef opérateur !
DEUX POSTES
Avant l’invention des caméras réflex, le cadreur visait à travers le défilement de la pellicule. C’est dire s’il voyait mal (…) !
L’opérateur caméra pouvait utiliser des lunettes de soudeur ou un bandeau pour habituer son œil à la densité de la visée. Les projecteurs à arc utilisés pour la lumière étaient beaucoup trop puissants pour que le chef-opérateur ait le temps d’habituer son œil à regarder dans l’œilleton de la caméra.
C’est là qu’est apparue la nécessité de différencier les deux postes et le métier de cadreur s’est peu à peu imposé.

LA NOUVELLE VAGUE
La nouvelle vague à bouleversé les habitudes de tournage en France. La position du cadreur à, elle aussi, évolué.
Si le souvenir que l’on conserve de ces années raconte des films aux équipes réduite, un chef-opérateur-cadreur, (à l’image de Raoul Coutard sur “A bout de souffle” ou les films d’Agnès Varda); en réalité plusieurs de ces réalisateurs, novice sur les plateau de cinéma, choisirent de travailler avec des cadreurs sur tout ou partie de leurs films.
De ce fait, alors que le cadre en Russie était opéré par les chefs-opérateurs et qu’aux États-Unis, les cadreurs répondaient uniquement aux directeurs de la photographie, en France les cadreurs pouvaient discuter de mise en scène avec les réalisateurs.
A PARTIR DES ANNÉES 80
Le métier s’est encore transformé avec l’arrivée des visées vidéo et des “combo”. Alors que le cadreur était le seul à voir la prise dans l’objectif de la caméra, désormais l’image et le cadre étaient vues par d’autres personnes. Ce qui a impliqué des changements dans les pratiques de tournage et dans la manière de communiquer autour du cadre.
Il faut noter aussi l’apparition du Steadicam (1976) puis des Gimbals bien plus tard, qui nécessitent un apprentissage et un entraînement rigoureux. Cette expertise permet aux cadreurs Steadicam et Gimbals d’intervenir régulièrement sur les tournages, pour des plans spécifiques.
Beaucoup de ces Cadreurs deviendront ensuite cadreurs “Cam B” sur les tournages à deux caméras.
À partir des années 80 et jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de chefs opérateurs choisissent d’opérer le cadre eux-mêmes. Privilégier la proximité au réalisateur et garder la main sur le cadre leurs permettent de travailler l’image comme ils le souhaitent.
Aujourd'hui et demain
Les pratiques du cinéma évoluent sans cesse, et les métiers aussi. Les cadreurs peuvent aujourd’hui être d’un apport décisif dans la création d’un film, donner de la fluidité et faire gagner un temps précieux aux journées de tournage.
Cadré ! défend un cadreur « adjoint » du chef opérateur, dans son travail d’image, qui contribue ainsi à ce qu’il dispose, dans le partage des tâches, du temps nécessaire à sa liberté de création, mais aussi un cadreur « adjoint » du réalisateur, qui peut l’aider dans son passage de l’écriture à l’image.